24 Mars 2008
Le CSC pierre angulaire de la stratégie en matière de changement climatique de l'Alberta
Harold Andersen
Dans sa politique rendue publique en janvier 2008, qui s'intitule « Alberta's 2008 Climate Strategy: Responsibility/Leadership/Action », le gouvernement de l'Alberta a annoncé une nouvelle stratégie en matière de changement climatique. Cette stratégie prévoit des cibles de diminution des émissions par rapport aux niveaux actuels dans toute la province. L'Alberta propose de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (« GES ») de 20 millions de tonnes d'ici 2010, de 50 millions de tonnes d'ici 2020 et de 200 millions de tonnes d'ici 2050, en fonction de la croissance économique prévue. La stratégie prévoit que la stimulation de la technologie de captage et de stockage du carbone (« CSC ») et son influence seront responsables d'environ 70 % des réductions finales, et que le reste découlera des efforts en matière de conservation et d'efficacité qui seront déployés et de l'adoption de pratiques moins dommageables pour l'environnement. Parmi les autres faits saillants de la stratégie, on compte l'élaboration d'une loi sur l'efficacité énergétique, la rédaction de protocoles pour la déclaration d'émissions à l'intention des installations qui émettent plus de 50 000 tonnes de GES et la mise en place permanente d'un système d'échange de crédits d'émission de carbone pour la province.
L'Alberta a été la première province à adopter des mesures contre les émissions de GES en introduisant un nouveau régime législatif au printemps 2007. Aux termes du régime, les installations qui émettent chaque année plus de 100 000 tonnes de GES sont contraintes de réduire annuellement l'intensité de leurs émissions. Le régime est responsable de la création, le 1er juillet 2007, du premier marché d'échange de droits d'émission de carbone obligatoire au Canada. Le gouvernement de l'Alberta est encore en train de mettre en oeuvre les règles de ce marché et espère mettre un système en place vers la fin du printemps. En attendant, des échanges visant la conformité sont déjà en cours. Un système de crédits compensatoires, qui comprend certains protocoles approuvés et un registre, est déjà sur pied dans la province. Les entités réglementées aux termes du régime de l'Alberta considèrent les crédits compensatoires comme le principal outil en matière de conformité.
De plus, en Alberta, à l'instar des autres provinces et du fédéral, une attention particulière est accordée au CSC. Bon nombre de grands émetteurs industriels canadiens prévoient des débouchés importants pour le CSC dans l'Ouest canadien et, par l'entremise d'un regroupement nommé ICO2N, ont fait part de leur volonté d'investir dans le CSC et d'utiliser la capacité estimée du bassin sédimentaire de l'Ouest canadien pour stocker les émissions. Comme le CSC pourrait permettre d'obtenir des crédits d'émission (et éventuellement aider à récupérer du pétrole), il pourrait se révéler particulièrement important pour la croissance de l'échange de droits d'émission, tant en Alberta qu'au fédéral.
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