18 Juin 2008
Le Marché climatique de Montréal lance le premier marché environnemental canadien
Alix d'Anglejan-Chatillon et Jason Streicher
Le 30 mai 2008, le Marché climatique de Montréal (MCeX) a lancé officiellement un nouveau contrat à terme sur unités d'équivalent en dioxyde de carbone (CO2e).
Comme l'a déclaré M. Luc Bertrand, président du MCeX, à la cérémonie d'ouverture officielle, « l'inscription à la cote du contrat à terme MCeX est une première et fait du Marché climatique de Montréal le premier marché environnemental réglementé au Canada ». Le MCeX est une coentreprise de la Bourse de Montréal (la bourse canadienne de produits dérivés), qui fait partie du Groupe TMX, et de la Chicago Climate Exchange® (CCX), qui exploite le premier système d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre (GES) à voir le jour. Selon M. Richard Sandor, président et fondateur de la CCX, l'ouverture du MCeX devrait « placer le Canada au premier rang de la finance environnementale et de la négociation intégrée d'émissions à l'échelle internationale ».
Le contrat à terme MCeX vise à aider les participants industriels à gérer leurs risques d'émissions de façon rentable et commercialement efficiente ainsi qu'à favoriser les innovations technologiques qui réduisent les émissions de GES. Inscrit à la plateforme de négociation électronique SOLA®, le contrat à terme (symbole : MCX) sera compensé par la Corporation canadienne de compensation de produits dérivés (CDCC). Chaque unité de CO2e, selon la définition qu'en donne le gouvernement canadien, donne droit à l'émission d'une tonne métrique de CO2e. Les contrats, dont chacun correspond à 100 unités, seront réglés physiquement par l'entremise de la CDCC au moyen du transfert des unités dans le registre désigné. En cas de pénurie d'unités de CO2e ou si le registre désigné n'est pas en place à l'échéance du contrat, celui-ci sera réglé au comptant.
Les participants industriels, institutionnels et autres peuvent échanger des contrats en passant des ordres auprès de participants agréés de la Bourse par l'entremise de son système de négociation actuel ou en devenant eux-mêmes des participants agréés. La première opération sur le MCeX a été exécutée au prix de 9,50 $ CA la tonne.
Le MCeX entend saisir les premières occasions d'échange de droits d'émission de carbone sur le marché canadien et devenir le principal marché public canadien de produits environnementaux. Il prévoit attirer divers intervenants, notamment des émetteurs industriels réglementés (à des fins de respect des règles de réduction des GES et de gestion des risques), des institutions financières et des investisseurs institutionnels (à des fins d'investissement dans une nouvelle catégorie d'actifs et de couverture de portefeuilles exposés au risque de fluctuations du prix du CO2e), des fonds de couverture (à des fins d'ouverture de positions spéculatives pour tirer profit d'inefficiences, de la volatilité et de l'incertitude quant au cadre réglementaire du marché du CO2e) et des sociétés d'assurance (à des fins de couverture de produits d'assurance liés au risque de fluctuations du prix du CO2e).
Même s'il s'attend à peu d'opérations initialement, le MCeX prévoit atteindre une masse critique d'opérations sur les contrats à terme liés aux émissions de carbone au fur et à mesure que le cadre réglementaire fédéral et provincial se précisera et imposera aux entreprises des cibles obligatoires de réduction des émissions de GES. À ce chapitre, les premiers ministres du Québec et de l'Ontario ont récemment annoncé leur intention de mettre sur pied un plan interprovincial de réduction des GES ainsi qu'un système de plafond et d'échange multisectoriel d'ici le 1er janvier 2010. De plus, le gouvernement du Québec est récemment devenu membre de la Western Climate Initiative (WCI), qui regroupe l'Arizona, la Colombie-Britannique, la Californie, le Manitoba, le Montana, le Nouveau-Mexique, l'Oregon, l'Utah et l'État de Washington. Le WCI s'engage à concevoir un mécanisme axé sur le marché permettant d'atteindre les objectifs de réduction d'émissions de GES qu'il a fixés. La mise en oeuvre du MCeX fait également partie du plan vert de la province, intitulé « Le Québec et les changements climatiques Un défi pour l'avenir ». Le gouvernement québécois a également souligné que l'ouverture officielle du MCeX est un grand pas en avant qui lui permettra de tenir la promesse faite au lendemain de la fusion de la Bourse et du Groupe TSX, soit de maintenir à Montréal la principale bourse de produits dérivés du Canada et de faire du Québec la plaque tournante des échanges de quotas d'émission en Amérique du Nord.
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