La participation du Québec aux projets d’énergie éolienne se profile de nouveau à l’horizon

25 août 2020

Les fournisseurs d’énergie éolienne d’Hydro-Québec (HQ) ont une capacité installée de 3 667 MW et ont un autre projet de 54 MW. Une grande partie de cette capacité avait été mise en service il y a moins de 10 ans. L’énergie éolienne est un bon complément à l’hydroélectricité puisque cette dernière peut rapidement prendre le relais de la production d’électricité lorsqu’il n’y a pas suffisamment de vent pour faire tourner les installations éoliennes.

Après que HQ a lancé un appel d’offres d’énergie éolienne en 2013, on a généralement considéré que la province n’envisagerait pas d’autres ajouts importants à ses projets d’énergie éolienne avant un bon moment. HQ avait des surplus d’électricité considérables et le prix du kilowattheure d’énergie éolienne demeurait élevé.

Les politiciens de l’opposition, notamment François Legault, désormais premier ministre du Québec, et bon nombre d’intervenants des médias ont été extrêmement critiques envers le programme d’énergie éolienne de HQ et ces critiques ont trouvé un écho parmi le grand public. 

Ces préoccupations soulevées par la demande et les tarifs ont entraîné le gel du projet Apuiat de 600 millions de dollars par le premier ministre Legault peu après son arrivée au pouvoir en octobre 2018. Le projet Apuiat est un projet d’énergie éolienne de 200 MW proposé par les communautés innues du Québec. Il est situé à quelque 40 km de Port-Cartier et vise à fournir un projet économique commun à la Nation innue, comparable au parc éolien Mesgi’g Ugju’s’n de 149,25 MW développé conjointement par les trois communautés de la Nation Mi’gmaq au Québec et par Innergex. Le projet Mesgi’g Ugju’s’n a été attribué officiellement en 2014 et a été terminé en décembre 2016.

Au moment de la suspension du projet Apuiat, le premier ministre Legault avait promis qu’au cas où HQ reprendrait ses achats d’énergie éolienne, le projet Apuiat serait le premier projet envisagé.

Le 15 juillet 2020, le Soleil a rapporté qu’un certain nombre de gouvernements locaux du Québec et la Première Nation malécite allaient proposer au gouvernement du Québec la construction d’un nouveau parc éolien de 1 200 MW dans la partie est du Québec. Le projet s’inspire du parc éolien Nicolas-Riou, de 224,25 MW, qui est entré en service en janvier 2018 et a été mis sur pied par beaucoup des promoteurs du nouveau projet.

À cette même date, Radio-Canada a cité le premier ministre Legault qui a déclaré que le prix de l’énergie éolienne était devenu très intéressant à environ six cents par kilowattheure et que les prochains projets seraient probablement des projets d’énergie éolienne au Québec.

Le 17 juillet, Radio-Canada a cité le premier ministre Legault qui a confirmé que le projet Apuiat serait le premier parmi les projets d’énergie éolienne remis à l’étude.

Même si le premier ministre Legault semble avoir changé d’avis sur l’énergie éolienne, il a bien précisé que deux conditions préalables devront être réunies : 

  1. HQ devra diminuer ses importants surplus par augmentation des exportations (p. ex. au Massachusetts via le Maine) ou de nouvelles entreprises au Québec (p. ex. l’agriculture sous serre);
  2. Les prévisions de HQ devront montrer une augmentation de la demande d’électricité.

Autrement dit, aucun nouveau projet ne sera autorisé tant que le besoin n’en aura pas été nettement démontré.

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