Le phénomène du « pas dans ma cour », le bruit à basse fréquence et le développement de l'énergie éolienne

24 octobre 2006
Le phénomène du « pas dans ma cour » finit par nuire aux projets d'énergie renouvelable au Canada, particulièrement à l'égard des parcs d'éoliennes. Le dernier danger invoqué pour interrompre ou ralentir ces projets a trait aux graves effets sur la santé du bruit de basse fréquence que produisent les turbines.

Le phénomène du « pas dans ma cour » n'est certainement pas nouveau. Il s'agit plutôt d'un thème récurrent des mouvements écologistes depuis leur apparition. Dans une certaine mesure, les projets d'énergie renouvelable avaient la faveur des écologistes en général, ce qui circonscrivait le phénomène du « pas dans ma cour ». Cependant, certaines questions en suspens concernant les effets éventuels sur la santé du bruit à basse fréquence lié aux turbines modernes alimentent désormais le phénomène.

Les médias ont établi un lien entre le bruit à basse fréquence, c'est-à-dire les fréquences entre 10 Hz et 200 Hz, et les troubles du sommeil, la fatigue chronique, la migraine et la dépression. Les émissions de bruit à basse fréquence étaient communes dans certains des premiers modèles de turbines, en particulier lorsque les pales étaient sous le vent de la tour principale. Les pales des éoliennes de conception moderne sont situées face au vent. Cela évite le « masquage du vent » derrière la tour et permet de réduire sensiblement le bruit de basse fréquence.

Les experts s'entendent sur le fait que le bruit de basse fréquence, à des niveaux suffisamment élevés, peut constituer un risque pour la santé des personnes qui y sont sensibles. Les effets des niveaux inaudibles de bruit de basse fréquence n'ont pas fait l'objet d'études suffisamment approfondies à ce jour pour écarter la possibilité de risques pour la santé. Cependant, les observateurs ont en général des avis partagés. Les distances de retrait et les relevés de bruit sont communément exigés pour les projets de parcs d'éoliennes, en partie pour réduire le risque que les turbines nuisent à la santé des résidents de la localité.

Les médias se sont également penchés sur le cas de personnes prétendant avoir souffert des effets du bruit de basse fréquence. Cette année, une famille de Lower West Pubnico (Nouvelle-Écosse) a abandonné son domicile, situé à environ 400 mètres de la turbine la plus proche. Daniel d'Entremont et sa famille se plaignaient d'insomnie, de fatigue chronique, de maux de tête et de problèmes de concentration. Bien que la famille d'Entremont puisse entretenir des craintes justifiées à l'égard du parc d'éoliennes qui, d'après elle, affectait sa vie (le gouvernement fédéral a demandé de nouvelles évaluations sonores), ces cas sont invoqués par les opposants aux projets de parcs d'éoliennes afin de les ralentir ou de les interrompre.

MISE EN GARDE : Cette publication a pour but de donner des renseignements généraux sur des questions et des nouveautés d’ordre juridique à la date indiquée. Les renseignements en cause ne sont pas des avis juridiques et ne doivent pas être traités ni invoqués comme tels. Veuillez lire notre mise en garde dans son intégralité au www.stikeman.com/avis-juridique.

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